Commémoration / Celebrating Claire

Une messe privée a été tenu à Sacred Heart Church à Dobbs Ferry, le 29 juin. Nous partageons les lectures et l’éloge ci-dessous.

Nous savons que beaucoup d’entre vous souhaitent honorer la mémoire de Claire en personne. Nous avons donc pensé à organiser deux événements - l’un en France, l’autre aux Etats-Unis lorsque les conditions sanitaires le permettront. Nous vous ferons part des détails dès que possible.

Maman avait la passion de l’éducation et s’élévait contre l’injustice. En sa mémoire, nous vous invitons à venir en aide à l’ une des associations ci-dessous.

On June 29th, we celebrated a private funeral mass for Claire at Sacred Heart Church in Dobbs Ferry. We’ve shared the readings and eulogy below.

We know many people want to celebrate her so we are planning two wider celebrations - one in France, one in the US - when we can gather more people safely. We will share more details when we can.

Mum was a life long learner and had a passion for education, and a commitment to justice and equity. To honor her, we invite you to donate to the charities below.

Lectures / Readings

L’écclésiaste

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :

Un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher.

Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour détruire et un temps pour construire.

Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.

Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ; un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir.

Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter.

Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler.

Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.

Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu’il prend ?

J’ai vu la besogne que Dieu impose aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.

Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin.

J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains, sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie. Bien plus, pour chacun, manger et boire et trouver le bonheur dans son travail, c’est un don de Dieu.

Ecclesiastes 3: 1-13

There is a time for everything, and a season for every activity under the heavens:

a time to be born and a time to die, a time to plant and a time to uproot,

a time to kill and a time to heal, a time to tear down and a time to build,

a time to weep and a time to laugh, a time to mourn and a time to dance,

a time to scatter stones and a time to gather them, a time to embrace and a time to refrain from embracing,

a time to search and a time to give up, a time to keep and a time to throw away,

a time to tear and a time to mend, a time to be silent and a time to speak,

a time to love and a time to hate, a time for war and a time for peace.

What do workers gain from their toil?

I have seen the burden God has laid on the human race.

He has made everything beautiful in its time. He has also set eternity in the human heart; yet[a] no one can fathom what God has done from beginning to end.

I know that there is nothing better for people than to be happy and to do good while they live. That each of them may eat and drink, and find satisfaction in all their toil—this is the gift of God.

Première Lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens

J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ;

il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne passera jamais.


First Corinthians 13: 1-8

If I speak in human and angelic tongues but do not have love, I am a resounding gong or a clashing cymbal.

And if I have the gift of prophecy and comprehend all mysteries and all knowledge; if I have all faith so as to move mountains but do not have love, I am nothing.

If I give away everything I own, and if I hand my body over so that I may boast but do not have love, I gain nothing.

Love is patient, love is kind.

It is not jealous, is not pompous,

it is not inflated, it is not rude,

it does not seek its own interests,

it is not quick-tempered,

it does not brood over injury,

it does not rejoice over wrongdoing

but rejoices with the truth.

It bears all things, believes all things,

hopes all things, endures all things.

Love never fails.

Discours - Guillaume Horikawa

Claire Arnod-Horikawa est née le 27 juin 1965.

Elle a grandi dans une petite ville du nord-est de la France. Bonne élève, elle fit ses classes préparatoires au Lycée Henri IV et bien que plus jeune que ses camarades, elle intégra l’ESCP (Ecole Supérieure de Commerce de Paris) où elle rencontrera François, son futur mari.  Elle mis à profit ses années d’études pour parcourir le monde, avant de se marier et de repartir travailler à nouveau au bout du monde, à Hong Kong où elle allait fonder une famille et où d’ailleurs je suis né.  Au cours des deux décennies suivantes, elle jongla entre l'éducation de ses quatre enfants, quelques changements de carrière et l'obtention de nouveaux diplômes, le tout en vivant entre quatre continents et cinq pays différents.  Et elle a réussi : ce qui pouvait sembler impossible d’emblée à  d’autres, devenait une évidence  qui s’imposait si vous la connaissiez.

Ses enfants devenus plus grands, ados puis jeunes adultes, elle put donner un second élan à sa vie sociale, personnelle et professionnelle.  Pour ma mère, cela signifiait élargir son rôle d’enseignante, tisser des liens solides et profonds avec les communautés où elle vivait et se lancer dans des entreprises créatives comme la musique, le théâtre, le ré-examen sa foi, l'apiculture ... la liste est vraiment sans fin.

Je pense qu’elle était au meilleur d’elle-même ces temps-ci …. Bien qu’à la fois intelligente, complexe, insatiable et cosmopolite, elle n'a jamais confondu le succès au sens conventionnel du terme avec le véritable progrès moral et spirituel.

Elle n'a jamais confondu non plus l'intellect avec le cynisme et perdu de vue son humanité. Elle était profondément à l’écoute, aimante inconditionnellement et toujours prête à encourager les autres .

Sa vie a été grandement guidée par des principes et une certaine clarté morale: elle croyait à l'éducation comme un outil qui façonne l'avenir pour le meilleur et considérait ses cours comme un moyen d'enrichir la vie de ses élèves bien au-delà du simple l’apprentissage d’une langue.

C'était une femme de foi et qui s’est investie dans les changements qu'elle souhaitait voir dans l'église catholique. Plutôt que de critiquer ou de se mettre en retrait, elle a plaidé pour l'ordination des femmes et soutenait les institutions catholiques les plus progressistes. Dans sa générosité, son amour et sa bonté, elle incarnait les meilleures qualités de l'Évangile.

La tragédie de la perte réside dans son incompréhensibilité: comment quelqu'un de si intimement lié à nos vies peut-il nous être arraché si soudainement, si arbitrairement? Ça fait mal d’y penser et ça fait mal tout court

Si vous aussi vous vous posez cette question ces derniers jours, je voudrais vous proposer une autre idée, plus optimiste et tout aussi inexplicable: le miracle d’avoir eu la chance de connaître et d'avoir été proche de Claire, de quelqu'un d'aussi bon, intelligente et spirituel. Comme fils, je trouve cela non seulement inexplicable, mais tout simplement miraculeux.

Maman,

Tu me manques et je t'aimerai toujours.

Merci pour tout ce que tu m’as donné.

Eulogy - Guillaume Horikawa

Claire Jacqueline Arnod-Horikawa was born on the 27th of June 1965.

She was raised in a small town in northeastern France. She excelled as a student and was granted admission to an extremely prestigious Parisian preparatory school, despite being younger than the majority of her classmates.

She went on to study at an equally distinguished business school, where she would meet her future husband, travel the world, return home, marry, and then set off to the other side of the world again, where she would start a family in Hong Kong. Over the next couple of decades, she was faced with the gargantuan task of raising four children, changing career paths, and getting multiple degrees, while living in four different continents, five countries total. And pulled it off. On paper, it’s difficult to wrap your head around, but if you knew her, it made total sense.

One of the great joys of young adulthood is that it parallels a well-earned second wind in our parents’ lives. In my mother’s case, this meant expanding her role and her ambition as an educator, building stronger ties with her local community, pursuing creative endeavors in music and theatre, reexamining her faith, beekeeping… the list really is endless.

Safe to say she was at the height of her powers.  But as brilliant, multi-faceted, ambitious, cosmopolitan as she was, she never confused normative appraisals of success for moral and spiritual fulfillment.

She never confused intellect for cynicism, never lost sight of her humanity. She was deeply empathetic, unconditionally loving, and unbelievably supportive.

So much of her life was guided by principle and moral clarity: she believed in education as a tool that could shape the future for the better, and saw her classroom as an opportunity to enrich her students’ lives beyond the ability to learn a language.

She was a woman of faith, who became the change she wanted to see in the Catholic church. Rather than chastise and distance herself, she pushed for the ordination of women and supported progressive Catholic institutions. In her generosity, her love, and her forgiveness, she embodied the best qualities of the gospel. 

The tragedy of loss is in its incomprehensibility: how can someone so deeply rooted in all of our lives be snatched away from us so suddenly, so arbitrarily? It feels wrong, and it hurts to think about. 

If you too have been dwelling on this for the past few days, I can suggest another, more hopeful, inexplicable idea: that we could have been so lucky to know and be close to someone as kind, as bright, and as full of spirit as Claire. As her son, I find my circumstance to be not only inexplicable, but surely miraculous.

 

Mom, 

I miss you, and I will love you always. 

Thank you for everything.